Pr. Cellier : les deux maladies auto-immunes les plus fréquemment associées à la MC sont, le diabète insulinodépendant (DID) qui a le même terrain génétique, et les thyroïdites. On peut également trouver des hépatites auto-immunes, des cirrhoses biliaires primitives, mais aussi du psoriasis, vitiligo…

Pr. Colombel : nous entendons beaucoup parler de maladies auto-immunes associées. C’est quelque chose que nous ne connaissons pas encore très bien et que nous voyons survenir sur le plan clinique lors d’association entre plusieurs maladies. Cela signifie qu’il y a une réaction du système immunitaire contre l’organisme et que l’on se détruit soi-même. C’est une mauvaise réaction du système immunitaire qui, au lieu de nous défendre, entraîne des manifestations nocives, soit au niveau digestif, soit au niveau d’un autre organe. Quand on a un terrain pour déclencher ces maladies auto-immunes, on peut en déclarer plusieurs à la fois, à titre d’exemple : la MC et la dermatite herpétiforme. Nous voyons beaucoup plus fréquemment des maladies de la thyroïde, mais également plus de diabètes de type 1.
Aujourd’hui, pour le diabète de type 1, les diabétologues recherchent systématiquement la présence d’une MC. Pourquoi est-ce le cas ? Il y a probablement dans nos gènes des gènes communs, c’est-à-dire des anomalies sur certains gènes qui prédisposent à un mauvais fonctionnement du système immunitaire et donc à avoir des associations possibles de plusieurs maladies. Le système immunitaire dysfonctionne pour des raisons génétiques, ce qui conduit à avoir des associations plus fréquentes chez les sujets prédisposés que par le simple hasard. L’exemple peut être aussi celui de la maladie de la thyroïde, voire de certaines maladies articulaires. Nous ne comprenons pas très bien pourquoi, mais pour la MC, l’association est attestée avec les maladies de la thyroïde, le diabète de type 1, les déficits en IgA et enfin avec la dermatite herpétiforme qui, pour cette dernière, fait vraiment partie du spectre de la maladie.