La maladie cœliaque, ou intolérance au gluten, est de nos jours une des maladies digestives les plus fréquentes.
Sa connaissance a beaucoup progressé durant ces vingt dernières années mais le seul traitement connu reste l’éviction totale du gluten de l’alimentation. Avant de commencer un régime aussi astreignant, il faut établir avec certitude un diagnostic précis.

Définition

La Maladie Cœliaque (MC) est une intolérance permanente à une ou plusieurs fractions protéiques du gluten. Elle provoque une atrophie villositaire (destruction des villosités de l’intestin grêle). Il s’ensuit une malabsorption des nutriments, en particulier du fer, du calcium et de l’acide folique.

Intolérance et non allergie

Il ne faut pas confondre l’intolérance au gluten avec les allergies au blé ou au gluten, plus rares, qui mettent en jeu des mécanismes immunitaires différents, en particulier les réactions à l’IgE (par exemple œdème de Quincke).

Prévalence

On estime qu’une personne sur 100 peut développer cette maladie en Europe. La prévalence semble identique dans le continent nord-américain. En France, seulement 10 à 20% des cas seraient aujourd’hui diagnostiqués.

Gluten

Le gluten est une protéine de réserve contenue dans certaines céréales : blé (froment, épeautre…), seigle (triticale), orge.

Formes cliniques

La forme du nourrisson et celle du jeune enfant est la plus classique. L’enfant présente souvent une diarrhée chronique, il est fatigué, apathique et triste. Son abdomen est ballonné et ses membres graciles. Il existe le plus souvent un ralentissement de la croissance en poids et en taille. Chez l’enfant plus âgé, la maladie peut être peu symptomatique, limitée isolément à une petite taille, un retard d’apparition de la puberté, une anémie ferriprive chronique, des anomalies de l’émail dentaire, des douleurs articulaires…

Chez l’adulte, les signes de la maladie peuvent être la diarrhée et un amaigrissement inquiétant. Plus souvent que chez l’enfant, la maladie peut être mono-symptomatique (anémie ferriprive, ostéoporose…) ou atypique (se manifestant par des crampes musculaires, une stomatite aphteuse, des irrégularités menstruelles, des fausses couches à répétition…). Il faut donc évoquer systématiquement la MC devant ces symptômes. Le nombre et l’intensité des symptômes varient d’une personne à l’autre.

Diagnostic (voir la campagne « Bien diagnostiquer l’intolérance au gluten »

Les critères pour poser un diagnostic de MC sont :

  • rechercher les anticorps spécifiques de la maladie (anti-transglutaminase) dans le sang,
  • en cas de positivité, pratiquer une endoscopie avec prélèvements (biopsies) sur la partie haute de l’intestin grêle (duodénum),
  • constater une rémission des symptômes après la mise au régime sans gluten.

Certains malades cœliaques ont des anticorps négatifs et, en cas de forte suspicion, une endoscopie peut être nécessaire pour porter le diagnostic.

Traitement

Le seul traitement de la MC consiste à suivre un régime sans gluten strict et à vie. Il n’existe aujourd’hui, aucun traitement médicamenteux. L’exclusion du gluten de l’alimentation est donc le souci quotidien des malades. Le respect de ce régime pose un problème surtout au moment des repas en collectivités : crèches, cantines, restaurants… Les intolérants au gluten doivent également être vigilants dans le choix des produits alimentaires courants. Le gluten peut être présent sous forme directe (farine…) ou par contamination.

Le ‘paradoxe’ du gluten

  • Environ un cœliaque adulte sur deux ne suit pas un RSG strict,
  • à peu près 1 % de la population est séropositive pour la MC (présence d’IgA anti-transglutaminase) et a donc une MC plus ou moins silencieuse, mais ces personnes ne sont pas toutes ni dépistées, ni traitées et ne suivent donc pas de régime alimentaire particulier,
  • une évolution actuelle des croyances, disant que le gluten serait associé à plusieurs symptômes, et un grand nombre de personnes en principe testées non cœliaques et non allergiques, disant qu’elles vont mieux si elles ne mangent plus de gluten (sensibilité ou hypersensibilité au gluten non cœliaque, pour laquelle il n’existe pas à ce jour de rationnel scientifique clairement établi et où le rôle du gluten reste à démontrer).

Il y a donc de plus en plus de personnes qui mangent sans gluten, mais paradoxalement, ce ne sont pas forcément celles dont il est prouvé qu’elles ont besoin de suivre un RSG.

Ce paradoxe vient du fait que les maladies liées au gluten, la MC, bien sûr, les allergies ( peut-être la « sensibilité ou hypersensibilité non cœliaque ») ont toutes cliniquement le tableau de « troubles fonctionnels intestinaux ».

Des individus qui ont des signes digestifs associant des douleurs abdominales, des ballonnements, de la diarrhée ou de la constipation, à des signes de mal-être, de mauvais état général, de fatigue, d’eczéma, de stress, de troubles du sommeil, d’engourdissements, tout un cortège de signes dits ‘fonctionnels’, se mettent au RSG sans diagnostic ou avec un diagnostic de MC négatif, et se disent mieux portants quand ils font un RSG. D’où la vogue des RSG.